Dimanche 19 décembre 2010 7 19 /12 /Déc /2010 19:50

CHRISTIAN ROME vous invite

Le mardi 26 juin 2012 à 20h 30 au

Café de la Mairie, Place Saint-Sulpice Paris 6e

à la présentation du recueil collectif de nouvelles

Ils se sont tant aimés

F(r)ictions politiques

 (Editions La Cause des Livres)

En présence de Martine Lévy, éditrice, et des auteurs

Sylvie Bahuchet,

Alain Herbelot,

Bernard Palayret,

Christian Rome.

Café de la Mairie, 8, place Saint-Sulpice Paris 6e (Métro : Mabillon, Odéon, St Sulpice)

 


   

 

 

L'Heure du Poète

Roman d'anticipation et de fiction politique

 

  

L’actualité rejoint le nouveau roman de Christian Rome.

Le vent révolutionnaire qui souffle aux pays du Maghreb coïncide avec la sortie de L’Heure du Poète de Christian Rome. Entre anticipation et fiction politique, l’auteur nous décrit, en effet, un régime dictatorial en train de se fissurer sous les coups de boutoir de la révolte et de la guerre civile… Un univers sombre, ponctués d'éclairs de lumière, où subsistent encore quelques îlots de résistance qui permettent à certains de rêver, de s'aimer, de combattre. Car au bout de la nuit "le jour aura toujours le dernier mot."

 

L'histoire

 Aux dernières heures d'une dictature, la rencontre et l’amour fou d’un poète et d’une chanteuse pris dans la tourmente de la guerre civile.

Dans un futur que l'on pressent proche, la faillite des partis républicains traditionnels a provoqué l’arrivée au pouvoir d’un parti ouvertement fasciste. Dans ce monde où la peur et l'ambivalence mènent la danse des destins individuels, le Poète, qui survit par la compromission avec le régime, et Sonia Morante, la chanteuse "autorisée", tombent éperdument amoureux. Tandis que la révolution gronde et commence à faire craquer la dictature, les amants sont contraints de s'enfuir pour rejoindre la guérilla. Mais les événements les rattrapent... 

 

 

       Extraits  

 

 

 

           Tu avais dit : « J’écrirai un livre sur toi. » J’ai longtemps hésité à écrire ce livre sur nous. Une longue traîne de vie, tumultueuse et surprenante, avec son cortège de souffrance et d’exaltation, a tout entrepris pour t’exiler de ma mémoire. Elle n’y est pas parvenue. Il est étrange que je revienne vers toi à l’heure de ma dernière saison dans ce monde stupéfiant, vers toi dont je connais les souterrains de l’âme et dont cependant le mystère m’échappe. Est-ce pour tenter de m’approcher de ce mystère qui m’échappe ou parce qu’à ton souvenir mon cœur et mon corps de vieille femme s’embrasent encore d’un invincible désir de vie ? Aurai-je un jour la réponse dans cet autre monde dont j’aperçois la porte s’entrouvrir devant moi ?

            Aurai-je un jour la réponse ?

 

 

 

 

            Le cœur des grandes métropoles s’arrête parfois de battre quand le soir dépose sur les toits son manteau d’ombre. Alors, les piétons imprudemment attardés rasent les murs pour rentrer chez eux, les boutiques baissent leurs rideaux, les volets et les stores se ferment, les lumières des appartements se tamisent et, tandis que le silence abat sa chape de plomb sur les consciences, on fait semblant de ne pas entendre au loin les moteurs des véhicules spéciaux de la Sécurité vrombir dans les casernes. Bientôt les rues trembleront sous les chenilles métalliques, bientôt le bruit de bottes des escouades policières rythmera les rêves apeurés des citoyens, bientôt résonnera çà et là le cliquetis mat d’un silencieux visantlatêted’unégarécar–délicatessedesdictatures– il convient de ne pas faire trop de bruit pour préserver le sommeil des populations ; et au matin, avant six heures, les camions chargés du ramassage des ordures auront débarrassé la chaussée des cadavres de la nuit ; il ne restera plus une goutte de sang sur le macadam et tout, en apparence, sera rentré dansl’ordre.

 

 

 

 

 

 

« Il m’a laissé lire le début d’un poème qu’il griffonnait sur un petit carnet. Blottie dans ses bras, j’ai commencé à improviser une mélodie sur ses mots à lui. Mais j’ai retenu ma voix à cause de la femme dehors. Lui souriait, ému, avec ce regard d’enfant perdu qui me chavire le cœur. Le corps encore meurtri par les étreintes de la nuit, j’ai pensé : « Nous ne vieillirons pas ensemble ». Puis j’ai chassé cette idée. »

 


 


« Ils courent. Ils courent, à perdre haleine, le cœur au bord du souffle, derrière les jeeps et les voitures emplies d’hommes en armes, poussés par un élan d’enthousiasme plus fort que la peur, plus fort que la mort, saoulés par les coups de feu et les rafales des armes automatiques, les cris et les hurlements, l’odeur âcre des incendies, enivrés de la joie sauvage de voir les bataillons de police reculer, enfin  ; ils courent, soulevés par une force indestructible, la certitude rivée au cœur que rien ne pourra leur arriver ; jetés, ballottés dans la cohue, ils se laissent porter par l’immense rouleau humain qui déferle sur la vaste place, gigantesque lame de fond balayant, ravageant, purifiant de son énergie les années d’angoisse. La ville entière, tremblante, palpite de ces milliers de cœurs investis de l’impitoyable certitude du droit et de la justice. Sur l’écran bleu du ciel, le voile noir des fumées joue à cache-cache avec le soleil. C’est une belle matinée. La plus belle matinée du monde. Ce matin, Dieu existe, Celui de la force, Celui de la justice, Il est là, planant au-dessus de la violence des heurts, des corps frappés, des corps happés par les balles, guidant la révolte des Justes. Mais soudain, comme un vent mauvais… »        

 


           

  



 

 

 

 

 

 


 


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Samedi 12 février 2011 6 12 /02 /Fév /2011 16:29

Le recueil collectif Ils se sont tant aimés F(r)ictions politiques auquel a participé Christian ROME (Editions La Cause des livres) sera présenté au Café de la Mairie, lace St Sulpice, dans le cadre des Mardis liitéraires de Jean-lou Guerin 

En présence des principaux auteurs et de Martine Levy, éditrice. Soirée animée par Christian Rome.

Le mardi 26 juin 2012 à partir de 20H 30

 

 

 

 

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L’Heure du Poète 

En librairie ou en

commande chez l'éditeur


Evénements autour de l’Heure du Poète.

Le succès de la soirée de lancement de L' Heure du Poète au Café de la Mairie à Paris s'est réitéré lors de la présentation du livre à l'Association Niger vivant à Joinville le Pont.

Un public à la fois attentif et participatif, s'est impliqué chaleureusement  dans  les débats que soulève le roman.


Prochaines manifestations

 

Salon des Editeurs Indépendants du Quartier latin

 

23, rue Clovis 75005 PARIS

Samedi 28 mai de 14h à 22h

Dimanche 29 mai de 10h à 20 h 

(entrée libre)


Christian Rome 

vous accueille sur le stand des Editions de l’Ours Blanc pour dédicacer 

L’Heure du Poète

 

 

Samedi 7 mai :

 Rencontre avec Christian Rome à la librairie Pippa, à partir de 15h 00.

Sur la base de L’Heure du Poète,  dont les thèmes sont rejoints par une actualité brûlante, après midi de conversation et de lecture dans le cadre d’une ravissante librairie du quartier latin.

 Les textes seront lus par Claudine Lazerme, la rencontre animée par Céline Delaruelle et, nous l’espérons, la participation active de nos invités.

Le gagnant du Quizz organisé par Les Allées Candides recevra son prix des mains de l’auteur.

 

 

Le jeudi 26 mai :

A l'occasion des  5 ans du Créalivres de Mons en Baroeul  Christian Rome est invité à dédicacer son livre lors de la soirée spéciale d'anniversaire de la manifestation. 

 

 

8 au 14 août :

Tournée de présentation  dans le sud de la France.

 


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Samedi 12 février 2011 6 12 /02 /Fév /2011 17:18
Christian Rome,   " L'heure du poète" est votre troisième roman. L'histoire démarre dans une trentaine d'année au coeur d’une France fictionnelle devenue une dictature d'extrême droite, violente et aveugle, un peu comme cela aurait pu arriver en 1939. C
lin d'œil à l'histoire, évocation de l’exode de 1940, votre livre serait-il un rappel à la vigilance ?


Dans un monde complexe comme le nôtre, tout peut bouger très vite (ex : il y a quelques années, l’Argentine en banqueroute en quelques semaines, le Front national au deuxième tour des présidentielles françaises, aujourd’hui la Tunisie et l’Egypte), tout peut aller vite et tout peut arriver. Bien que nous soyons « protégés » par une République encore démocratique et laïque, le désarroi d’une grande partie de la population française, le fossé qui sépare les décideurs politiques de la réalité de la vie des gens (voir les taux d’abstention record aux élections), les écarts criants d’injustice entre la minorité possédante et la masse des citoyens, y compris la classe moyenne de plus en plus tirée vers le bas, qui tentent de survivre dans une société où les perspectives d’avenir sont sombres, tout cela pourrait bien mener « démocratiquement » au pouvoir les tenants d’une idéologie d’extrême droite.

 

     La misère et le désarroi des peuples ont toujours été dans l’histoire

le ferment de l’arrivée au pouvoir des régimes dictatoriaux, intégristes ou fascistes. Le 21 avril 2002 a été un avertissement qui, s’il a fait réagir les citoyens français et a démontré la « santé » républicaine
de notre pays, n’a pas été pris, selon moi,  suffisamment en compte par les politiques. Le désamour entre le peuple et les dirigeants n’a fait que s’accentuer.Le point de départ de mon roman 
a été, en partant du constat sur la situation politique et sociale actuelle, d’imaginer la faillite des partis républicains traditionnels et l’arrivée au pouvoir d’un parti d’extrême droite élu démocratiquement par les urnes avec toutes les conséquences qui en découlent, en particulier sur la perte des libertés, dans un pays comme le nôtre dont l’histoire depuis la Révolution de 1989 n’est qu’une progression, parfois chaotique mais inéluctable vers la conquête de ses libertés publiques et individuelles.
Une fois ce parti au pouvoir, que se passerait-il ? Mon roman peut être perçu à la fois comme un exorcisme – personne, et encore moins l’auteur ne souhaite que cette situation se produise -  et, effectivement, comme un rappel à la vigilance. La succession d’événements que nous vivons en France depuis ces dernières années, notamment la résurgence du racisme et de la xénophobie (voir l’histoire des Roms) ; la désignation, plus ou moins franche d’une partie de la population
française, notamment ceux d’origine étrangère, comme bouc émissaire qui seraient responsables des problèmes économiques des français de souche. Toutes ces idées malsaines, accentuées par la crise, l’indifférence et le désengagement de nombre de nos citoyens à l’égard de la politique pourraient bien faire le lit de l’arrivée au pouvoir du Front national. Sans faire de catastrophisme, il faut se méfier d’une posture arrogante qui semble affirmer que chez nous ce n’est pas possible. L’avantage de la fiction, notamment du roman, c’est qu’elle peut faire du catastrophisme et explorer une situation, qui peut-être, souhaitons-le, n’arrivera jamais.

 

2) Que représente votre personnage du Poète ? La quintessence de tous les auteurs, avec leurs contradictions, leurs compromis avec eux-mêmes pour continuer à exister dans des états totalitaires ou pas ? 
 

Le personnage du Poète est né au départ  d’une nouvelle que j’avais écrite qui est devenue le début du roman. Une nouvelle suscitée par une sorte d’agacement à propos de la façon dont les poètes dans le milieu littéraire sont considérés, c’est-à-dire systématiquement mis sur un piédestal du simple fait qu’ils écrivent de la poésie, alors que les romanciers et le roman sont souvent dénigrés. Raconter une histoire, quelle trivialité ! C’est pourtant un art qui n’est pas donné à tout le monde. Si la Poésie est sans contexte d’une importance capitale en tant qu’oxygène, respiration indispensable dans une société soumise à l’utilitarisme, à la surconsommation et à l’accélération démesurée du temps, les poètes, ceux qui l’écrivent, paraissent intouchables. Or, ce sont des hommes comme les autres et si un Pablo Neruda, qui ne devait pas être sans défauts, est perçu comme un être de noblesse grâce à son engagement humain et politique, le plus grand d’entre eux, Arthur Rimbaud, a fini sa vie dans des activités plus que troubles. Le thème récurrent du « Poète assassiné », justifié par le sort qui est réservé aux poètes (mais également aux romanciers et à tous les intellectuels) dans les régimes dictatoriaux, traverse la littérature. Mais les poètes ne sont pas des saints et certains se conduisent comme des collaborateurs ou des êtres infâmes (voir le cas de Céline) ce qui ne les empêchent pas d’être talentueux ou d’avoir du génie. Dans la nouvelle initiale, que j’ai développée ensuite jusqu’au roman, je m’étais amusé à renverser le cliché et à créer un poète assassin. Un poète reconnu gagnait sa vie en exécutant des « contrats » pour le compte d’un gouvernement fasciste.

Pour répondre à votre question, le Poète du roman possède en lui tous les possibles, comme n’importe quel individu pris dans les nasses d’une situation de dictature manifeste ou feutrée. (L’occupation en France, le stalinisme, le maccarthysme des années cinquante aux Etats Unis) Tout individu est confronté, dans ces circonstances exceptionnelles, à des choix qui mesurent ses possibilités, son courage, sa peur, son égoïsme,  son engagement, sa conscience ; du profil bas pour sauver sa peau à l’ignominie, en passant par l’engagement héroïque, chaque être humain est contraint dans ce type de situation  à se positionner.

 

Le Poète commence sa vie comme un petit délinquant, ivre de rage et de haine envers le monde. Une haine incompréhensible qui trouve vraisemblablement sa source dans le manque d’amour qui a accueilli sa venue au monde. Il est sauvé par un grand frère poète, Francis, qui lui apporte les mots en lui permettant de donner un sens à sa révolte. Il le fait entrer dans le monde des intellectuels, ceux que leur pratique entrainent à penser le monde et surtout, il ouvre sa conscience. Mais sa conscience éveillée va être mise à mal et tourmentée par des sentiments obscurs qui vont le conduire à des actes de collaboration avec le régime, nourris toujours par cette haine originelle dont il ne peut se défaire. Il ne s’en remettra pas. L’amour de Sonia ne peut effacer sa culpabilité. Sa rédemption ne pourra advenir que par le sacrifice de sa vie.
Le Personnage du Poète parcourt  - avec douleur parce que justement il a les mots et la pensée - tous les stades de ces choix possibles, résignation, profil bas, compromission, collaboration et finalement retournement, révolte et engagement héroïque contre l’oppression.

3) Marie, "la fille du Poète maudit et de la chanteuse au destin cruel" comme vous les appelez en fin d'ouvrage, s'engage dans l'humanitaire, comme sa mère avant elle, peut-être pour racheter la réputation d'auteur de la "collaboration" de son père qu'elle n'a pas connu. Jusqu'au-boutiste, elle y perdra la vie. Pensez-vous qu'il faille un héritage humaniste pour avoir envie de s'engager dans l'Humanitaire ? Qu'il y ait une sorte de filiation, d'éducation presque à l'Humanisme ?

  1.  
Les enfants, une fois devenus grands, reproduisent très souvent en bien ou en mal les scénarios qu’ils ont vécus dans leur enfance. Il peut même arriver que le comportement d’un individu soit influencé inconsciemment par ce qu’a vécu un grand parent, voire un aïeul : c’est la théorie transgénérationnelle défendue par certains psychanalystes. Très souvent, l’individu adulte se dirige vers un milieu, un métier ou une activité qu’il a connue dans son enfance. C’est le cas des enfants d’artistes, tel fils d’un acteur qui a vu défiler à la maison des gens du métier, a baigné à l’intérieur de ce milieu, se dirigera naturellement vers cette activité – pas seulement parce qu’étant du sérail il aura plus facilement ses tickets d’entrée, mais parce que c’est ce qu’il connaît le mieux. Concernant la transmission de valeurs, le modèle négatif ou positif,  que créent les parents, aux yeux de leurs enfants a forcément une influence sur ces derniers. Dans le roman, Marie connaît ces deux situations :
enfant, elle est trimballée  avec ses parents dans plusieurs pays du monde et se trouve plongée dans ce milieu de l’humanitaire dans lequel ils exercent. L’humanisme de sa mère, Sonia, et de son beau père est un modèle de comportement naturel pour elle. Cependant, dans son évolution personnelle, suggérée dans le livre, elle passe par une phase de rejet, de révolte, avant de trouver toute seule sa voie et de s’engager dans les pas de sa mère. Ce qui est une manifestation de sa révolte en même temps que la prolongation ou l’accomplissement des idéaux de ses parents. Sa révolte s’appuie sur le questionnement qui la taraude au sujet de son père, le Poète considéré comme un écrivain collaborateur, avec un mélange obscur d’attraction et de répulsion, en tous cas un grand trouble. Ne pas avoir connu son père ou sa mère peut, mais ce n’est pas une règle absolue, déclencher un vide, un vide qui va se nourrir de toutes
sortes de fantasmes, de projections, d’idéalisation et peut perturber une vie entière.
Sonia et le Poète, lui ont transmis le meilleur et le pire : 
le meilleur, des valeurs d’altruisme et de soucis des autres, le pire, des pulsions
d’autodestruction que sa mère a surmonté mais qui ont perdu le Poète. Elle sublime en quelque sorte dans son engagement le désir inconscient de se détruire en se lançant dans une action humanitaire dangereuse où elle toutes les chances de perdre la vie. Peut-être qu’elle rachète ou réhabilite à sa façon ainsi la mémoire de son père.

 
Sonia reçoit de son père, Luciano, qui l’avait reçu du sien (le grand-père fusillé par les fascistes) un sens de l’engagement, un souci de l’autre qu’elle transmet à sa fille. Oui, il y a une filiation, une éducation. Mais, l’individu se construit quand même tout seul, et il peut arriver que l’enfant prenne le contre-pied d’une éducation et comme on dit « tourne mal », malgré la transmission de valeurs positives. Il me semble, mais il faudrait beaucoup plus de temps pour développer, que le monde extérieur qui passe par la  sur communication actuelle (télévision, jeux vidéos, Internet, etc.) entre parfois en conflit avec l’éducation familiale. 

 

4) Votre roman s'achève aux portes d'un autre siècle, d'un autre cycle de vies qui se succèdent immuablement. C'est bien la force de la vie, de l'amour de la vie même, qui permet à vos personnages de survivre à cette période ravagée. Pensez-vous comme se questionne à ce propos "lachanteuse" que la vocation d'un livre soit d'être utile, utile ou nécessaire pour réfléchir aux leçons du passé, à la construction d'un avenir ?

Les propos de Sonia arrivant au terme de sa longue vie sont un peu désabusés, mais je pense qu’elle croit, comme moi, que le livre, sans être astreint a une utilité ou une nécessité immédiate possède une force, une capacité d’influence potentielle qui peut être très puissante. Il est sans conteste un des vecteurs de la transmission de la mémoire et donc susceptible de faire réfléchir et de tirer éventuellement des leçons du passé, donner de la perspective pour se situer et construire l’avenir dans un monde qui va de plus en plus vite. Personne n’aurait la naïveté de croire qu’un livre, ou une série de livres, peut changer le monde à lui tout seul : les idées des Lumières, portées par la littérature et la philosophie éclosent au moment de La Révolution françaises aussi parce que des circonstances historiques sont réunies à un certain moment. Par ailleurs, il est incontestable que la littérature a perdu aujourd’hui de son influence. Le livre semble perdu au milieu de nombreux médias et outils de communication  extrêmement chronophages (chaînes et programmes de télévision, jeux vidéos, Internet, musique qu’on écoute sur des i.pod ou autres baladeurs, téléphones portables assortis de leurs gadgets, etc.) Le livre, et en particulier le livre de littérature (poésie, roman, philosophie,) n’a que la portion congrue de ces loisirs. Mais justement, sa force est peut-être qu’il se différencie de cette communication effrénée. Comme je l’ai écrit à propos de la poésie, le livre « … ne sert à rien, c’est là sa force et sa beauté, son absolue nécessité. ». 

Car la littérature est une expérience. Une expérience unique et intime. C’est la rencontre de deux pensées, deux imaginaires, deux sensibilités, l’auteur et le lecteur, dans un temps volé à l’agitation du monde.  Une rencontre qui ne se soucie pas d’être utilitaire – le lecteur ne consomme pas de la littérature, il est acteur car son imaginaire est invitée à entrer dans les mots de l’auteur pour y apporter sa participation. Sans le lecteur la littérature n’existe pas. Et cette expérience peut se produire à n’importe quel moment. Je peux lire un livre écrit il y a trois siècles et me sentir touché, concerné, impliqué  par les mots de l’auteur. L’écrivain, le romancier, ne sait  pas si cette  rencontre va avoir lieu, quand et avec qui. C’est là un des charmes secrets de la littérature. Et bien sûr dans ce partage, un livre peut s’avérer être un déclencheur susceptible d’influencer, voire de bouleverser la vie du lecteur.

La vocation d’un livre n’est peut-être pas d’être utile (la littérature dite engagée au sens étroitement politique du terme, c’est à dite qui essaie d’imposer un point de vue,  n’est pas celle qui produit forcément les meilleurs livres et L’Heure du Poète n’est pas un livre engagé dans ce sens là mais davantage un livre sur l’engagement, qui essaie plutôt de s’approcher de la complexité et de l’ambivalence des êtres. Mais la responsabilité de l’écrivain est d’être conscient que sa création va s’adresser à quelqu’un dont il va à la rencontre et, comme le disait ma prof de théâtre Madeleine Sherwood concernant le travail de l’acteur pour construire le personnage : « Il faut partir de soi, mais aussi partir de soi. » Ce qui implique que la seule expression personnelle ne suffit pas pour être de la littérature. Je m’exprime, point. Tout le monde peut le faire plus ou moins bien. Pour aller rencontrer l’autre, l’écrivain, selon moi, doit être producteur de sens, de monde, d’atmosphère, de langage, bref apporter une création à portée universelle dans laquelle un lecteur potentiel va pouvoir pénétrer et y apporter son propre imaginaire.


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Mercredi 21 septembre 2011 3 21 /09 /Sep /2011 19:48

Christian Rome pour l'animation,  et Claudine Lazerme, pour les lectures, ont présenté Thérèse  Somano qui publie son premier recueil de nouvelles  "Lueurs dans le gris". C'était au siège de l'association Niger vivant à Joinville le pont le 11 septembre.

Ils présenteront également au Café de la Mairie Place saint Sulpice, le 4 octobre, Marie Chaix pour son livre "Chemins des cerisiers."


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Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 08:57

Christian Rome a commencé à contacter des producteurs de cinéma pour une adaptation de son roman L'Heure du Poète.


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